Marine GAVILAN-SABATIER, de DJDG à la CRESS : portrait d’une battante de l’économie sociale et solidaire !

Pour ce portrait de décembre, direction les coulisses de Des Jantes et des Gens avec Marine Gavilan-Sabatier. Co-directrice de l’asso et administratrice élue à la CRESS Nouvelle-Aquitaine. Marine jongle entre les coups de clé à molette et les réunions stratégiques. Spoiler : les deux ont plus de points communs qu’on ne le pense.

10 000 personnes, 109 pays : le GSEF qui décoiffe

Fin octobre 2025, Marine était à Bordeaux pour le Forum mondial de l’économie sociale et solidaire (GSEF). Attendu pour 4 000 personnes, l’événement en a rassemblé 10 000. Oui, vous avez bien lu. Des délégations du monde entier : États-Unis, Palestine, Argentine, Japon, pays africains… Un melting-pot de maires, d’agents publics, de ministres et de structures de terrain venues partager une même conviction : l’ESS, ça change concrètement la vie des gens.

Ce qui a marqué Marine ? La diversité. Celle des profils, des territoires, des combats. Et surtout, le fait que chacun ait pu défendre sa vision sans langue de bois. 

« T’avais des salles prévues pour 20 personnes, on était 50 assis par terre. C’était interactif, concret, ancré dans le réel. Pas de grands discours venus d’en haut, mais des témoignages de structures qui font vraiment des choses. »

L’ESS, c’est quoi au juste ?

Pour Marine, l’économie sociale et solidaire se résume en trois mots : efficacité, lien, joie.

Efficacité, parce que ça fonctionne. Sur le plan économique, humain et environnemental. En Nouvelle-Aquitaine, c’est presque 20 % des emplois. Si on enlève l’ESS de la vie des gens, on enlève tout ce qui fait que la vie est sympa : les soins, les clubs de sport, les assos comme DJDG. 

« On répond à tout le monde sans discrimination. On ne regarde pas si les gens ont des papiers ou des sous. On applique des tarifs préférentiels et on crée du lien. »

Lien, justement. Parce que l’ESS, c’est avant tout faire réseau. Entre structures, entre habitants, entre porteurs de projets. 

« À la CRESS, on fait en sorte que les gens se connaissent. Ça évite aussi que certains utilisent les éléments de langage de l’ESS pour arnaquer ou porter des projets vides de sens. Ensemble, on est plus fortes. »

Joie, parce que la joie, c’est politique. 

« Il faut se réapproprier une économie, des relations de travail joyeuses et qui ont du sens. Qui créent du bonheur. »

Des choix qui impactent toute une vie

Porter un projet dans l’ESS, c’est faire des choix. Marine le dit cash : « Ça impacte ta vie perso, ta vie pro, ta vie de couple, ta vie de famille. On donne du temps bénévolement, du temps d’administratrice. On accepte des salaires bas parce qu’on préfère recruter plus de monde et investir dans le projet. Si j’étais directrice dans une grande boîte, je gagnerais beaucoup plus, mais j’aurais peut-être un boulot avec beaucoup moins de sens. »

Ce qui la motive au quotidien ? Défendre une économie où l’humain passe avant l’argent. Et prouver que ça marche. « Même nous, petites assos, on peut faire que ça fonctionne et que ça perdure. On n’est pas tout seul. »

DJDG et la CRESS : même combat

Pour Marine, son engagement chez Des Jantes et des Gens et son rôle à la CRESS sont complémentaires. « Ce qu’on fait chez DJDG a du sens pour les bénéficiaires, les bénévoles, les salariés, le CA. Ce qu’on fait à la CRESS a du sens pour les adhérents, pour le territoire. »

Elle insiste sur l’importance de valoriser l’ESS, notamment pendant le Mois de l’ESS en novembre. « C’est dur de porter une asso ou un projet ESS au quotidien. Faire le choix de prendre le temps, d’avoir des gouvernances partagées, des modèles économiques hybrides… c’est un choix et c’est dur. Alors voir ce modèle attaqué alors qu’on sait qu’il fonctionne, ça fait du bien d’être mis en valeur par des grandes opérations nationales. »

Et maintenant ?

Les enjeux pour l’ESS selon Marine ? Continuer à prouver que ça fonctionne. Montrer que ce n’est pas qu’une question de moyens, mais aussi de volonté politique. « Quand tu vois que des tout petits pays frontaliers en Afrique, en guerre, arrivent à dédier des moyens à l’ESS… tu te dis que nous aussi, on peut. »

En attendant, Marine continue de porter des Jantes et des Gens avec la même énergie. Parce qu’au fond, réparer des vélos ou siéger à la CRESS, c’est la même chose : créer du lien, défendre l’humain, et garder la joie comme boussole.