đŸŒ± ThĂ©o et le PĂ©rigord Vert : repenser la mobilitĂ© rurale autrement

Portrait Théo du Périgord Vert

Pour ce portrait de mars, direction le PĂ©rigord Vert avec ThĂ©o Di Mascio, chargĂ© de mission Environnement et Économie Circulaire. Coordinateur entre quatre communautĂ©s de communes, ThĂ©o jongle entre les enjeux climatiques, la rĂ©duction des dĂ©chets et la mobilitĂ© en territoire rural. Et pour lui, le vĂ©lo n’est pas qu’une question de dĂ©placement : c’est un levier d’Ă©conomie circulaire et de sobriĂ©tĂ©. Rencontre avec un expert qui voit grand et pĂ©dale local.

Un poste mutualisé, des enjeux partagés

ThĂ©o Di Mascio occupe un poste peu commun : chargĂ© de mission mutualisĂ© entre quatre communautĂ©s de communes du PĂ©rigord Vert (CCDB, CCILAP, CCPL, CCPN) dans le cadre d’un Contrat d’Objectif Territorial avec l’ADEME. Son rĂŽle ? Coordonner ces quatre intercommunalitĂ©s autour des enjeux environnementaux et d’Ă©conomie circulaire, et les accompagner dans leur progression sur les rĂ©fĂ©rentiels Climat Air Énergie et Économie Circulaire de l’ADEME.

ConcrĂštement, ça donne quoi ? Des missions variĂ©es : animation de groupes de travail inter-collectivitĂ©s (achats responsables, guide des Ă©co-gestes, sobriĂ©tĂ©), organisation d’Ă©vĂ©nements de sensibilisation, veille sur les enjeux communs, recherche de subventions et rĂ©ponses Ă  des appels Ă  projets comme AVELO 3 ou Acclimatera. 

« C’est assez divers, mais c’est ce qui rend le poste intĂ©ressant. »

De Bruxelles au Périgord Vert : un parcours engagé

Ce qui a amenĂ© ThĂ©o Ă  travailler sur ces sujets ? Ses Ă©tudes d’abord : un master en Sciences et Gestion de l’Environnement Ă  Bruxelles. Mais aussi ses convictions personnelles. CĂŽtĂ© professionnel, ce sont les Plans Climat Air Énergie Territoriaux (PCAET) volontaires dans les quatre intercommunalitĂ©s qui ont ouvert la voie. 

« Les quatre EPCI ont voulu s’engager ensemble sur ces thĂ©matiques. D’oĂč le contrat avec l’ADEME, qui demande une progression au sein des rĂ©fĂ©rentiels. »

L’Ă©conomie circulaire, c’est quoi au juste ?

Quand on parle d’Ă©conomie circulaire Ă  l’Ă©chelle d’un territoire comme le PĂ©rigord Vert, on parle de trois choses selon ThĂ©o.

D’abord, une prise de conscience

« Un modÚle économique et sociétal trop gourmand en ressources et matiÚres. Il y a un besoin impératif de sobriété à tous les niveaux. »

Ensuite, l’entrĂ©e Ă©conomique. Le territoire compte de nombreux agriculteurs, artisans, TPE/PME, associations et entreprises de l’ESS qui produisent localement ce dont les PĂ©rigourdins ont besoin et transforment les dĂ©chets en richesses. 

« Il faut valoriser et favoriser ces acteurs. »

Enfin, l’entrĂ©e dĂ©chets. En Dordogne, le contexte d’enfouissement impose de rĂ©duire drastiquement la quantitĂ© de dĂ©chets. 

Le vĂ©lo, un levier d’Ă©conomie circulaire

Pour ThĂ©o, des initiatives comme les ateliers et animations vĂ©lo de Des Jantes et des Gens s’inscrivent pleinement dans cette logique circulaire. 

« Sensibiliser Ă  la rĂ©paration et l’entretien des vĂ©los participe Ă  la rĂ©duction des dĂ©chets Ă©vitables, en rendant accessible aux habitants l’entretien et la rĂ©paration de leurs objets. »

Mais ce n’est pas tout. Le vĂ©lo pose aussi la question de la sobriĂ©tĂ© matĂ©rielle. 

« Passer d’une voiture d’en moyenne 1,5 tonne Ă  un vĂ©lo qui fait 30 kilos maximum, mĂȘme pour les VAE les plus lourds, ça fait une grosse diffĂ©rence. »

Et au-delĂ  de la matiĂšre, il y a la sobriĂ©tĂ© tout court. 

« Le vĂ©lo repense les distances, l’organisation du quotidien, l’effort musculaire nĂ©cessaire pour consommer moins d’Ă©nergie, les dĂ©placements Ă©vitables
 » 

DJDG veille d’ailleurs Ă  intĂ©grer les enjeux de circularitĂ© dans chaque animation proposĂ©e, mĂȘme si l’entrĂ©e principale reste la mobilitĂ©.

La mobilité, enjeu central en territoire rural

Sur le territoire du PĂ©rigord Vert, la mobilitĂ© est une question centrale. 

« C’est mĂȘme notre deuxiĂšme poste d’Ă©mission de gaz Ă  effet de serre aprĂšs l’agriculture. Nous sommes encore trĂšs dĂ©pendants de la voiture individuelle pour de nombreux dĂ©placements. »

Comment y rĂ©pondre ? En misant sur trois leviers : le dĂ©veloppement de la pratique du vĂ©lo, le covoiturage et l’intermodalitĂ©. 

« C’est un enjeu partagĂ© Ă  l’Ă©chelle des quatre intercommunalitĂ©s, mais aussi du Pays PĂ©rigord Vert, de la RĂ©gion et de l’État. »

Le partenariat AVELO 3 : un projet collectif

C’est dans ce contexte qu’est nĂ© le partenariat autour de l’appel Ă  projets AVELO 3. Les quatre communautĂ©s de communes, Des Jantes et des Gens, les acteurs locaux du vĂ©lo et l’ADEME se sont associĂ©s pour dĂ©velopper la pratique du vĂ©lo sur le territoire.

Comment ThĂ©o a-t-il connu DJDG ? 

« L’association intervenait dĂ©jĂ  via des animations avec le service enfance de la CCPL notamment. Et l’une des fondatrices Ă©tant habitante de notre territoire et connaissant l’Ă©cosystĂšme vĂ©lo local, nous avons rapidement identifiĂ© l’association comme potentiel coordinateur de nos actions. »

Le projet a Ă©tĂ© retenu et DJDG est donc missionnĂ© pour mener des actions d’animation et coordonner les acteurs locaux du vĂ©lo dans la rĂ©alisation d’ateliers de rĂ©paration et rĂ©vision de vĂ©los. 

« C’est modeste pour le moment, mais ça ouvre la porte Ă  de plus amples collaborations par la suite autour du vĂ©lo et de la mobilitĂ©. »

Les grands enjeux environnementaux

Quand on demande Ă  ThĂ©o quels sont les grands enjeux environnementaux qu’il observe, il est clair : « Les changements climatiques sont un Ă©tendard, parce qu’il en faut un, mais ils sont intimement liĂ©s aux autres enjeux : effondrement de la biodiversitĂ©, pollution de l’eau et de l’air, surexploitation des ressources
 Le tout Ă©tant liĂ© Ă  la santĂ© humaine. »

Autant de sujets que Théo aborde au quotidien dans son travail de coordination, avec une conviction : les solutions existent, et elles passent par la collaboration entre acteurs locaux.

Un message aux acteurs du territoire

ThĂ©o tient Ă  saluer le travail des acteurs locaux engagĂ©s sur ces enjeux. 

« Merci pour votre Ă©nergie, votre implication et toutes les actions que vous menez. Les victoires sont parfois petites, mais elles existent. Vous montrez au quotidien que l’on peut faire autrement. »

Aux habitants qui hĂ©sitent encore Ă  se mettre au vĂ©lo, il a aussi un conseil : 

« Si la peur est le principal frein Ă  votre usage du vĂ©lo, n’hĂ©sitez pas Ă  en discuter avec les acteurs locaux ou avec DJDG lors des animations programmĂ©es cette annĂ©e. Leur expĂ©rience et leurs conseils vous permettront de dĂ©couvrir cette mobilitĂ© plus en confiance. Et plus nous serons nombreux Ă  vĂ©lo sur les routes, plus le comportement des autres usagers changera. »

Manon BIROLLEAU

Des Jantes et des gens (c) – Mars 2026