Pour ce portrait de mai, direction l’atelier de Des Jantes et des Gens avec YaĂ«hl Julien-Gonthier, 18 ans, service civique depuis plusieurs mois. Mordu de VTT et passionnĂ© de mĂ©canique, YaĂ«hl a dĂ©couvert l’association via la Mission Locale du Haut PĂ©rigord. Aujourd’hui, il accompagne le public lors des permanences d’auto-rĂ©paration, anime des formations et transmet sa passion du vĂ©lo. Rencontre avec un jeune qui apprend autant qu’il partage.
Un Bac STI2D et une envie de bosser dans le cycle
YaĂ«hl vit Ă Lisle et vient de dĂ©crocher son Bac STI2D (Sciences et Techniques de l’Industrie et du DĂ©veloppement Durable). AprĂšs le lycĂ©e, une question se pose : comment entrer dans le monde du cycle sans forcĂ©ment savoir par oĂč commencer ?
« Je voulais travailler dans le monde du cycle, mais je ne savais pas par quoi commencer. »
C’est la Mission Locale du Haut PĂ©rigord qui l’oriente vers Des Jantes et des Gens.
« Je ne connaissais pas l’association avant ça. »
Le service civique devient alors une porte d’entrĂ©e idĂ©ale pour dĂ©couvrir le milieu associatif, se former Ă la mĂ©canique vĂ©lo et acquĂ©rir une premiĂšre expĂ©rience professionnelle.
« Le service civique, c’est vraiment un bon moyen de crĂ©er une premiĂšre expĂ©rience dans le monde du travail et de dĂ©couvrir un domaine. C’est quelque chose Ă faire. »
Les premiers jours : dĂ©couverte de l’atelier et du public
Les dĂ©buts chez DJDG, c’est avant tout la dĂ©couverte de l’atelier et des permanences d’auto-rĂ©paration.
« Les premiers jours, ça a été la découverte de comment accueillir le public. »
YaĂ«hl apprend Ă gĂ©rer l’espace, Ă accompagner les bĂ©nĂ©ficiaires, Ă transmettre des gestes techniques sans prendre la clĂ© Ă molette Ă leur place. L’idĂ©e, c’est l’autonomisation : apprendre aux gens Ă rĂ©parer eux-mĂȘmes leur vĂ©lo.
Le quotidien de Yaëhl chez DJDG suit un rythme bien rodé.
« J’arrive Ă l’atelier, j’installe, j’allume l’ordinateur pour mettre les fichiers de suivi Ă jour au fur et Ă mesure. Puis j’accueille et j’accompagne le public tout au long de la permanence. »
Entre deux bĂ©nĂ©ficiaires, YaĂ«hl en profite pour rĂ©viser les vĂ©los de rĂ©cupĂ©ration de l’association. Un quotidien variĂ©, entre relationnel et technique.
Ce qui lui plaßt le plus : les formations mécaniques
Quand on lui demande ce qu’il prĂ©fĂšre dans ses missions, YaĂ«hl n’hĂ©site pas : « J’apprĂ©cie beaucoup les formations mĂ©caniques. » C’est lĂ qu’il peut vraiment transmettre son savoir-faire, accompagner des groupes, expliquer les gestes et voir les participants monter en compĂ©tences. C’est aussi l’occasion de se perfectionner lui-mĂȘme, d’apprendre de nouvelles techniques et de consolider ses bases.
Mais tout n’est pas toujours simple. Le plus challengeant pour lui ?
« RĂ©ussir Ă intĂ©resser le public et transmettre au mieux les informations qu’on a Ă faire passer. »
Trouver les bons mots, adapter son discours, capter l’attention, rendre la mĂ©canique accessible… C’est un exercice de pĂ©dagogie qui demande de la pratique.
« J’apprends Ă mieux gĂ©rer mon contact avec le public et la pĂ©dagogie pour mieux transmettre le savoir qu’on veut transmettre avec DJDG. »
Au-delà des compétences techniques, le service civique chez DJDG apporte à Yaëhl des compétences relationnelles et pédagogiques.
« J’apprends Ă mieux gĂ©rer mon contact avec le public et la pĂ©dagogie. »
C’est une premiĂšre expĂ©rience professionnelle qui lui permet de se tester, de prendre confiance, de dĂ©couvrir le fonctionnement d’une association et de confirmer son envie de rester dans le monde du cycle.
Déjà mordu de VTT avant DJDG
YaĂ«hl n’a pas dĂ©couvert le vĂ©lo chez Des Jantes et des Gens.
« Je suis un grand mordu de VTT depuis plusieurs annĂ©es et je faisais beaucoup de trajets Ă vĂ©lo, mĂȘme pour aller chez des amis Ă plus de 50 km. »
Pour lui, le vĂ©lo, c’Ă©tait dĂ©jĂ un mode de vie. Mais son passage chez DJDG a affinĂ© sa vision de la mobilitĂ©.
« Je me suis rendu compte de ce que ça reprĂ©sente comme enjeux dans notre quotidien, surtout en milieu rural, et comment on peut rendre la mobilitĂ© plus accessible et respectueuse de l’environnement. »
Le vĂ©lo n’est plus seulement un loisir ou un moyen de se dĂ©placer. C’est un levier d’autonomie, d’inclusion, de transition Ă©cologique. Et ça change tout.
Un souvenir marquant : le Cycle Mobilité à BrantÎme
Parmi les moments forts de son service civique, YaĂ«hl retient particuliĂšrement le « Cycle MobilitĂ© » menĂ© avec l’association Alaije Ă BrantĂŽme.
« Les moments passĂ©s avec les personnes en insertion professionnelle ont vraiment Ă©tĂ© de beaux moments avec une super Ă©quipe. Ăa m’a rendu triste quand ce cycle s’est terminĂ©. »
Ce type d’intervention, c’est tout ce que DJDG dĂ©fend : aller vers des publics Ă©loignĂ©s de la mobilitĂ© douce, les accompagner dans la dĂ©couverte du vĂ©lo, lever des freins, crĂ©er du lien. Pour YaĂ«hl, c’est aussi l’occasion de mesurer concrĂštement l’impact de son travail et de vivre des moments humains forts.
Et aprĂšs ? Probablement rester dans le monde du cycle
Quand on lui demande ce qu’il compte faire aprĂšs son service civique, YaĂ«hl reste prudent.
« Ăa reste une grande question, j’ai encore des doutes… Mais je vais probablement rester dans le monde du cycle. »
Le service civique aura au moins eu ce mérite : confirmer une intuition et ouvrir des portes. Que ce soit en tant que mécanicien, formateur ou dans une autre structure associative, Yaëhl a désormais une base solide et une expérience concrÚte à valoriser.
Le conseil de Yaëhl
Si YaĂ«hl devait donner un conseil Ă quelqu’un qui hĂ©site Ă faire un service civique, ce serait simple : « Le service civique, c’est vraiment un bon moyen de crĂ©er une premiĂšre expĂ©rience dans le monde du travail et de dĂ©couvrir un domaine. C’est quelque chose Ă faire. »
Une expĂ©rience formatrice, humaine, qui permet de tester un secteur avant de s’y engager plus longtemps. Et chez Des Jantes et des Gens, c’est aussi la garantie d’apprendre un mĂ©tier tout en contribuant Ă un projet qui a du sens.
Manon BIROLLEAU
Des Jantes et des Gens – Mai 2026 (c)